La NanoLuc au service de la détection des micropolluants de l’environnement
Entretien avec Mme Axelle Cadière, Maître de Conférences à l’Université de Nimes et Co-directrice de l’équipe EA 7352 CHROME
Pour en savoir plus sur l'institut http://chrome.unimes.fr/
Quelle(s) technologie(s) Promega avez-vous utilisée(s) ?
Nous avons utilisé le réactif NanoGlo Luciférase Assay System qui permet de détecter le signal lumineux lié à la présence de la luciférase NanoLuc et de son substrat, et pour nos mesures le luminomètre GloMax de Promega.
Pourriez-vous nous résumer en quelques phrases le projet de recherche pour lequel vous avez utilisé cette technologie ?
Nous nous intéressons aux micropolluants environnementaux et à leur impact sur la santé humaine.
L’un de nos projets a consisté dans le développement et la mise au point d’un système modèle pour tester la toxicité de ces derniers. Pour cela, nous avons utilisé la levure S. Cerevisiae dans laquelle nous avons intégré un système rapporteur utilisant la luciférase NanoLuciférase sous le contrôle du promoteur dont le gène code pour un facteur de transcription impliqué dans une résistance pléiotropique aux médicaments et dans la réponse au stress oxydatif. L’objectif était d’avoir un outil sensible, simple d’utilisation, et plus proche de l’humain que les bactéries usuellement utilisées pour étudier ces aspects. Nous avons testé une quarantaine de micropolluants de différentes familles (antibiotiques, pesticides, perturbateurs endocriniens…) et, pour la première fois, nous avons mis en évidence qu'une réponse cellulaire existe pour une très faible exposition aux micropolluants.
Pourquoi avez-vous choisi cette approche ?
Pour la sensibilité de la détection en luminescence, en particulier avec la NanoLuc, mais aussi parce que nous souhaitions pouvoir faire les analyses sur le milieu de culture et qu’il avait été montré que la forme sécrétée de cette enzyme fonctionnait chez S. Cerevisae.
Nous avons donc adapté la séquence signal et en effet, la NanoLuc est bien sécrétée et détectable dans le milieu de culture de levure. Cela nous évite de devoir lyser les cellules pour la lecture et cela est un avantage pour les applications futures de ce système modèle.
Avez-vous des idées ou des projets que vous souhaiteriez mettre en place avec les technologies en luminescence développé par Promega ? quels seraient vos besoins, vos « envies » pour aller plus loin?
Oui ! nous avons démarré des analyses en transcriptomique afin de trouver un second marqueur marqueur différent de STB5 et la prochaine étape sera la mise en place un système « dual reporter » avec, d’une part, la NanoLuc sous le contrôle du promoteur STB5 et d’autre part ce second marqueur et une seconde luciférase, comme la renilla. Nous pourrons ainsi affiner nos analyses et notamment essayer de mieux comprendre les effets de ces micropolluants à de très faibles concentrations.