La prépublication est-elle une solution nécessaire pour accélérer la publication définitive ?

Combien de temps passer avant l’obtention d’une publication ?

 

La publication de tout manuscrit peut paraître pénible et pourtant. Les chercheurs en biologie comme les autres doivent publier. Combien de temps prévoir avant d’assister à la publication de ses écrits ? La prépublication est-elle un moyen d’accélérer et d’améliorer la publication de vos écrits. Cet article vous éclaire.

 

Imaginez un instant cette conversation entre un doctorant et son encadrante de thèse :

"Tout le monde le fait. Les physiciens et les informaticiens le font tout le temps. Et même Carol Greider l'a fait, et elle est lauréate du prix Nobel. "

"Oui", dit son encadrante "elle est lauréate du prix Nobel ; elle peut prendre ce risque. Par contre moi je ne suis pas permanente et je travaille encore sur mon premier financement du NIH et vous, vous n'avez pas encore votre diplôme. Aucune de ces choses, ni le doctorat, ni le renouvellement de financement, ni la promotion ne seront possibles sans publications dans une revue scientifique évaluées par les pairs. Et la plupart des revues dans notre domaine, au moins celles qui comptent pour le renouvellement du financement et la promotion, n’acceptent de publier des données déjà communiquées".

"Mais pourquoi laisser les éditeurs décider de ce qui est une bonne science, pourquoi ne pas laisser la communauté scientifique décider et évaluer le travail ?"

"Je suis d'accord, mais je veux aussi un avenir. Nous allons écrire le papier et le soumettre, alors faites votre travail. Nous choisirons un journal avec un court délai d'exécution, un commentaire ouvert aux pairs, et qui sera réputé pour publier de la bonne science".

Qu'en est-il du temps passé avant l’obtention d’une publication ?

Le processus de publication de tout manuscrit peut être pénible, et les chercheurs se sont plaints des temps d'attente de plus d'un an entre la déposition d'un manuscrit et la publication (10). En travaillant pour « Nature », Daniel Himmelstein, a examiné les dates de déposition et de publication des articles qui se trouvent dans la base de données PubMed pour avoir une idée sur les délais qu’il faut pour publier des manuscrits scientifiques. Les nouvelles sont en fait bonnes. La technologie et l'ère de l'Internet semblent avoir introduit une certaine efficacité et transparence. Les délais de publication ont été réduits d'environ deux fois depuis le début des années 2000 (10). Toutefois, ce gain de temps apparait surtout dans la phase finale d'acceptation de la publication. Le processus d'évaluation par les pairs reste encore long. Cependant, il y a quelques revues qui organisent un processus d'évaluation par les pairs. Les revues qui appartiennent à la famille PeerJ, ont une politique ouverte d'évaluation par les pairs dans laquelle les noms des rapporteurs et leurs commentaires sont affichés à côté des articles. Selon Himmelstein, ces revues ont un temps d'évaluation relativement court qui est de 74 jours en moyenne (10). Les revues eLife promettent de prendre des décisions éditoriales en quelques jours, et ils conseillent à leurs rapporteurs de ne pas demander de nouvelles expériences à moins que ces expériences puissent être effectuées en moins de deux mois.

 

Qu’en pensez-vous ?

Les éditeurs et les sociétés sont sous pression pour rendre le processus de publication plus convivial pour les scientifiques. Est-ce qu’un processus comme la prépublication pourrait être ajouté en début du processus d’évaluation, où la communauté scientifique dans son ensemble pourrait faire des commentaires qui pourraient améliorer la qualité des manuscrits soumis et la rapidité de leur publication ?

Il sera intéressant de voir si le nombre de déposition d’articles dans bioRxiv continue à croitre, et si les revues traditionnelles évaluées par des pairs adoptent le processus de prépublication comme un moyen pour raccourcir le processus d'évaluation par les pairs et pour augmenter la qualité des données scientifiques qu'elles publient.

Alors, lecteurs : Que pensez-vous ? Seriez-vous prêt à prépublier vos ensembles de données sur un serveur scientifique ouvert comme bioRxiv ou figshare ?

 

References

  1. Callaway, E. and Powell, K. (2016) Biologists urged to hug a preprintNature News (Internet February 16, Accessed March 22, 2016).
  2. Markie, M. (2016) Preprints—dipping a toe in the waterF1000 blog(Internet March 21, accessed March 22, 2016).
  3. Harmon, Amy (2016) Handful of Biologists Went Rogue and Published Directly to Internet.New York Times (Internet: March 15, accessed March 22, 2016)
  4. Greenfieldboyce, N. (2016) Scientists report in real time on challenging Zika research. Shots: Health News from National Public Radio(Internet: March 8, accessed March 22, 2016)
  5. Rao, T.S.S. et al. (2011) The MMR vaccine and autism: Sensation, refutation, retraction and fraudIndian J. Psychiatry 53, 95–6.
  6. Hayden, E-C. (2012) Study challenges the existence of arsenic-based lifeNature News (Internet: January 20, Accessed March 22, 2016)
  7. Cressy, D. (2012) Arsenic-life bacterium prefers phosphorus after allNature News (Internet: October 3, Accessed March 22, 2016)
  8. Service, R.F. (2000) Chemists launch preprint serverScience (Internet August 29, Accessed March 22, 2016)
  9. com web site http://www.sciencedirect.com/preprintarchive

Powell, K. (2016) Does it take too long to publish researchNature News (Internet February 2016, Accessed March 22, 2016)

 

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