Pré publication ou pas, telle est la question ! Les arguments qui supportent le fait de rendre d’emblée publique les données sont nombreux.
Les prépublications sont la norme dans certains domaines de recherche. Qu’en est il pour les chercheurs en biologie ? Cet article vous dit tout sur les avantages et les inconvénients des pré-publications.
Les arguments qui supportent le fait de rendre d'emblée publique les données sont nombreux
- Tout d'abord, les scientifiques considèrent que la science financée par des fonds publics devrait être accessible au public dès que possible et ne doit pas être publié dans une revue dont l’accès est payant (3,4). En cas de crise de santé publique, certains chercheurs proposent même que les données soient disponibles en temps réel. Par exemple, David O'Connor de l'Université du Wisconsin-Madison, partage en temps réel ses données de recherche sur le virus Zika. D’après lui, si d'autres chercheurs qui mènent des expériences sur ce virus peuvent concevoir de meilleures expériences ou se poser de meilleures questions grâce à la disponibilité de ces données, cela pourrait ramener à résoudre plus rapidement les problèmes des crises de santé majeures (4). Cependant d'autres chercheurs, comme Andrew Miller, éditeur dans la revue Elsevier, s'inquiètent de l’exposition du public à des données reliées à la santé publique non révisées et non vérifiées (3). Qu'est-ce qui empêche les organes de presse ou les personnes ayant un objectif donné, de se baser sur un élément de ces données non vérifiées et de faire des allégations non fondées ou trompeuses ? Le même argument pourrait être appliqué sur des données qui sont difficiles à interpréter. Comment les politiciens qui travaillent dans le domaine public réagiront lorsqu'ils verront que des scientifiques discutent de points subtils d'un ensemble de données sur le web pour déboucher sur LA vérité d'un système compliqué (pensez au climat et à l'immunité collective) ? (Cet auteur demande : En quoi est-ce différent de ce qui se passe aujourd'hui ?).
- Un autre argument en faveur de la prépublication vient de la participation active de la communauté scientifique à améliorer le niveau scientifique des données qui seront publiées. Les partisans du concept d'évaluation par les pairs affirment que la prépublication permet ces évaluations participatives. Pour certains, l’évaluation par les pairs est problématique et n’arrive pas à tout atteindre. Il existe quelques exemples notables d’une mauvaise science, qui ont été publiés dans des revues évaluées par des paires. L’exemple qui vient à l’esprit est le travail d'Andrew Wakefield sur les vaccins où il a utilisé un ensemble de données frauduleuses et des échantillons obtenus d’une façon non éthique (5). De la même manière, le rapport réalisé sur les bactéries à l'arsenic aurait bénéficié des commentaires d’une plus grande communauté (6,7) avant d’être publié.
Certains scientifiques s'inquiètent d’être confrontés à des écueils ou à la perte de droits de propriété intellectuelle en exposant leurs hypothèses, leurs données et leurs résultats par le biais d’une prépublication.
De nombreux scientifiques constatent également que certaines revues ne sont pas partisanes de publications évaluées par des pairs. De nombreux jeunes chercheurs considèrent que l’obtention d’une promotion ou d’un financement est liée non seulement à une publication évaluée par des pairs, mais aussi à une publication dans des revues d'un certain niveau. Un grand nombre de ces revues connues comme « de premier ordre » interdisent la prépublication des données avant la soumission dans leur journal (3,4).
Tous les chercheurs font des prépublications ?
Peut-être pas. Quand je faisais les recherches pour préparer l’écriture de cet article, j’ai remarqué que plusieurs partisans de la prépublication affirmaient : « tout le monde le fait », mais ils ne mentionnaient jamais les chimistes. J’ai alors cherché d’une façon non scientifique « des prépublications en chimie » mais je n’ai pas trouvé grand-chose. En 2000, un serveur de la prépublication en chimie a été lancé par Elsevier (8). Il y a un article qui évalue l’efficacité de ce service de prépublication pour la chimie mais il était payant. Le service de prépublication de la chimie par Elsevier est maintenant terminé.
"Malgré leur grand nombre de lecteurs, les communautés de recherche en chimie, mathématiques et informatique n'ont pas fourni assez d'articles ou de commentaires en ligne au service de prépublication pour encourager un développement ultérieur. Par conséquent, le 24 mai 2004, les trois serveurs de prépublication d’Elsevier - chimie, mathématiques et informatique - ont cessé d'accepter de nouvelles soumissions d’articles sur leurs sites. Le site actuel est maintenant une archive web disponible gratuitement et d’une façon permanente pour les articles de recherche déjà soumis aux serveurs Prépublication" (9)
Apparemment, les gens étaient impatients de lire les prépublications, mais ils n’en diffusaient pas.
References
- Callaway, E. and Powell, K. (2016) Biologists urged to hug a preprint. Nature News (Internet February 16, Accessed March 22, 2016).
- Markie, M. (2016) Preprints—dipping a toe in the water. F1000 blog(Internet March 21, accessed March 22, 2016).
- Harmon, Amy (2016) Handful of Biologists Went Rogue and Published Directly to Internet.New York Times (Internet: March 15, accessed March 22, 2016)
- Greenfieldboyce, N. (2016) Scientists report in real time on challenging Zika research. Shots: Health News from National Public Radio(Internet: March 8, accessed March 22, 2016)
- Rao, T.S.S. et al. (2011) The MMR vaccine and autism: Sensation, refutation, retraction and fraud. Indian J. Psychiatry 53, 95–6.
- Hayden, E-C. (2012) Study challenges the existence of arsenic-based life. Nature News (Internet: January 20, Accessed March 22, 2016)
- Cressy, D. (2012) Arsenic-life bacterium prefers phosphorus after all. Nature News (Internet: October 3, Accessed March 22, 2016)
- Service, R.F. (2000) Chemists launch preprint server. Science (Internet August 29, Accessed March 22, 2016)
- com web site http://www.sciencedirect.com/preprintarchive
- Powell, K. (2016) Does it take too long to publish research? Nature News (Internet February 2016, Accessed March 22, 2016)

